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Le «pipi au lit»: une vraie souffrance

De nombreux enfants, en particuliers des garçons souffrent d'énurésie. Un problème à prendre au sérieux, qui a souvent une cause d'ordre physique et non psychologique!

Il ne faut pas dramatiser, ça va passer tout seul!» Pour nombre de parents, il n'y a pas lieu d'agir autrement, quand un enfant est atteint d'incontinence urinaire nocturne. Et, effectivement, le problème peut disparaître de lui-même. Toutefois, souvent ce n'est pas le cas et 1 à 2% des garçons font encore pipi au lit à l'école de recrue! Mais surtout, l'énurésie est une véritable souffrance pour tous ceux qui en sont atteints! Pourtant, le problème reste encore tabou.

«Le petit est souvent honteux de ce qui lui arrive et ne veut pas en parler, explique le Dr Philippe Bugmann, chirurgien pédiatre aux Grangettes, qui voit passer de nombreux cas dans son cabinet. Quand aux parents, ils préfèrent que cela reste une réalité cachée, sans se rendre compte que leur enfant souffre.»

Quand faut-il s'inquiéter ?

Alors, quand faut-il s'inquiéter? Il n'y a pas de calendrier tout fait. Certains bambins sont propres à 2 ans, avec d'autres, cela peut prendre un peu plus temps. Mais le Dr Bugmann est d'avis qu'il est intelligent de s'interroger et de parler du problème avec son pédiatre, lorsqu'un enfant de 

4 ou 5 ans commence à avoir une vie sociale et qu'il n'ose pas, par exemple, aller dormir chez des petits copains par crainte de faire pipi au lit. On catalogue souvent à tort l'énurésie de psychologique. «Cela peut-être le cas quand un petit frère arrive. Mais alors les «fuites» durent quelques semaines, puis elles passent, confie le Dr Bugmann. En réalité, la plupart du temps, il y a une cause d'ordre physique ou biologique.» On a notamment découvert qu'un gène, voire deux, étaient à l'origine d'un certain nombre de cas.

Avant d'opter pour un traitement quelconque, le pédiatre aura recours à un questionnaire. «On découvre ainsi que de nombreux enfants incontinents la nuit, rencontrent également des problèmes le jour. Un petit qui va aux toilettes, 10 fois dans la journée, ce n'est pas normal, assure le pédiatre. Cela peut signifier qu'il a une vessie trop petite ou qu'il souffre d'une infection urinaire.»

Dans le premier cas, il existe des traitements médicamenteux efficaces, qui aident la vessie à grandir et que l'on accompagne généralement d'exercices – qu'il importe de rendre ludiques pour qu'ils soient suivis – afin d'évaluer le muscle de la vessie. Parmi ceux-ci : le jeu du plus gros pipi. L'enfant, à qui l'ont remet des récipients 

gradués, a pour mission de les remplir toujours un peu plus en une seule fois. Dans le même esprit, on peut lui demander de remplir une carte avec des soleils ou des nuages, en fonction de la manière dont s'est déroulée la nuit. «Ce sont des exercices très encourageants pour le petit, car cela lui permet de voir concrètement que la situation évolue.»

L'infection urinaire se traite également de manière satisfaisante avec des médicaments. En revanche, pour d'autre cas, il faut envisager une intervention chirurgicale. Par exemple, quand une petite valvule bouche en partie la sortie du conduit urinaire ou qu'il y a un obstacle à la sortie de la vessie. Toutefois, même s'il doit en passer par une opération, l'enfant est soulagé qu'on lui apporte une solution et est rassuré de savoir qu'il n'est pas «fou».

«Généralement, c'est quand le petit est guéri qu'il explique vraiment à quel point il souffrait auparavant, raconte le Dr Bugmann. Néanmoins on se rend déjà compte en consultation de ce qu'il endure. Souvent, il se retire quand on aborde son problème. Mais on voit bien qu'il laisse traîner l'oreille pour tout entendre et quand le diagnostique est posé, on voit son sourire revenir: il est soulagé qu'il y ait une cause physique.»

Pour les parents également c'est une véritable délivrance et souvent, ils se demandent pourquoi ils n'ont réagi plus tôt. Ainsi, cette maman d'un enfant de 9 ans qui, depuis 3 ou a 4 ans, lavait trois fois par jour les pantalons de son fils. Autant dire que, pour le bien de toute la famille, il importe de ne pas laisser traîner ce problème qui, même s'il parait bénin, entraîne beaucoup de douleurs de part et d'autre.

Marianne Girard