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Cancer du sein: les enjeux de la lutte contre le risque de récidive

Le dialogue représente un atout indéniable dans la lutte qui s’engage contre la maladie

Si, dans la majorité des situations, l’acte chirurgical demeure la première étape thérapeutique suivie par les patientes souffrant d’un cancer du sein, plusieurs autres protocoles complètent cette intervention invasive initiale. La chimiothérapie, le recours à des anticorps (en complément de la chimiothérapie), la radiothérapie ou l’hormonothérapie constituent les principales modalités d’action postopératoires. On privilégie parfois un seul de ces traitements, mais on les combine aussi très souvent ensemble, simultanément ou dans un ordre chronologique précis. L’enjeu majeur est le même pour tous ces suivis médicaux mis en oeuvre dans les quatre à huit semaines qui s’écoulent après l’opération : diminuer au maximum le risque de récidive.

« La chirurgie a pour objectif d’enlever la tumeur. A la suite de cela, nos missions, en tant qu’oncologues, consistent à accompagner sur plusieurs mois ou sur plusieurs années les patientes tout au long d’un processus médical destiné à éloigner la menace d’une réapparition du cancer. Pour ce faire, nous avons devant nous, pour chaque cas, différentes options envisageables. Dans cette perspective, les patientes bénéficient toujours de l’avis de plusieurs spécialistes pour comprendre les avantages et les inconvénients de telle ou telle prise en charge. Le choix thérapeutique s’effectue alors après un indispensable temps de réflexion et en ayant à disposition tous les éléments d’information pertinents », expliquent le Dr Laurent Wälchli et le Dr Mahbiz Nobahar Corke, tous les deux spécialistes en oncologie médicale.

Pour le cancer du sein comme pour d’autres formes de tumeurs, c’est dans le cadre d’une Consultation Multi-Disciplinaire (CMD) que les médecins – mais aussi, entre autres, les radiologues, les radiothérapeutes, les infirmières spécialisées ou les psychologues – se rencontrent régulièrement pour parler ensemble des cas, rendus anonymes, dont ils s’occupent. Les expertises sont confrontées et divers traitements sont envisagés pour être proposés à chaque patiente (moins de 1% de tous les cancers du sein affectent les hommes). On observe ici, au coeur de ce dialogue entre professionnels, toute l’utilité d’un Centre du sein performant comme celui qui vient d’être créé aux Grangettes, dans le cadre d’un partenariat spécifique (lire à ce propos l’article consacré à ce Centre, pages 18-19).

Plusieurs traitements possibles

Dans le détail, la chimiothérapie constitue un traitement à base de médicaments qui agissent sur les mécanismes de la division cellulaire. Présentant des effets secondaires handicapants (fatigue, fragilité générale, perte de cheveux), il est davantage réservé aux femmes atteintes de tumeurs jugées plus agressives. « Environ 20% des patientes ont recours à ce traitement systémique peu de temps après l’acte chirurgical », précisent le Dr Laurent Wälchli et le Dr Mahbiz Nobahar Corke. Dans de rares cas, la chimiothérapie est mise en oeuvre avant l’opération : on parle de chimiothérapie « néo-adjuvante ». Le but est de réduire la taille de la tumeur et d’augmenter les chances de proposer une approche plus conservatrice au niveau chirurgical.

Le recours à des anticorps (protéines produites par notre organisme pour le protéger des substances étrangères) comme complément à la chimiothérapie constitue un des progrès importants de la recherche contre le cancer ces dernières années. Administrés par perfusion intraveineuse, les anticorps bloquent des mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses. Ce procédé thérapeutique a démontré son efficacité, mais, toutefois, il ne convient pas à toutes les patientes. La radiothérapie, pour sa part, représente un traitement beaucoup plus répandu : 80% environ des femmes ayant une tumeur au sein passent par ce cycle médical postopératoire où l’on utilise des rayonnements ionisants pour détruire les cellules cancéreuses en les empêchant de se multiplier. Les séances de radiothérapie durent environ quatre semaines.

Quant à l’hormonothérapie, elle concerne presque trois quarts des patientes sur lesquelles ce type d’intervention fonctionne. Il s’agit ici de bloquer l’action de certaines hormones (oestrogènes, progestérone), et ce pour inhiber la croissance des cellules cancéreuses. L’hormonothérapie implique de prendre des médicaments pendant plusieurs années et leurs effets secondaires doivent être considérés avec sérieux (bouffées de chaleur, douleurs articulaires, état de fatigue, céphalées). « Tous les protocoles postopératoires s’envisageant dans la durée, nous souhaitons, dans la mesure du possible, rencontrer les patientes dès le début de leur prise en charge à la clinique, en même temps que le chirurgien. Pourquoi ? Pour expliquer tout de suite le parcours médical de plusieurs mois, voire de plusieurs années, qui va suivre et, surtout, pour établir immédiatement un lien de confiance et un dialogue de qualité. Ce dernier représente en effet un atout indéniable dans la lutte qui s’engage contre la maladie », soulignent le Dr Laurent Wälchli et le Dr Mahbiz Nobahar Corke. Le centre d’oncologie de la Clinique des Grangettes propose des traitements ambulatoires couverts par l’assurance de base et il accueille sans restriction toutes les patientes souffrant d’un cancer du sein.