Une clinique avec de grandes racines

Ph. G.: C'est vrai que notre maternité est un peu comme l'arbre qui cache la forêt. C'est compréhensible. Nous sommes quand même la meilleure et la plus grande maternité privée de Suisse. Près d'un quart de Genevois y sont nés ! Chacun dans cette ville connaît quelqu'un qui est né aux Grangettes. La maternité génère un nombre impressionnant de visites ! Et n'oublions pas que la naissance est un événement heureux, dont on parle facilement. On dit fréquemment à ses amis que son enfant est né aux Grangettes. Mais dire qu'on y a été hospitalisé pour un problème de genou ou urologique est nettement moins évident. Pourtant le complexe des Grangettes est une clinique complète. Le service de la chirurgie existe depuis le début. Nous accompagnons souvent les personnes tout au cours de leur vie, dans des moments de joie comme les naissances, et dans des moments plus difficiles comme les maladies et les opérations. Nous avons aussi des services de cardiologie et d'orthopédie d'un excellent niveau. Et ne parlons pas de l'Institut de radiologie qui compte parmi les plus reconnus en Europe !


Une clinique pour tous et pour toutes les affections ?


Ph. G.: Pour tous, oui, pour les jeunes autant que les personnes âgées, pour les hommes comme pour les femmes, et pour toutes les affections prises en charge dans nos divers services.


Cela dit, nous privilégions les relations d'un certain niveau, ceux qui recherchent un plus, une atmosphère amicale et respectueuse de l'individu. Les Grangettes ne sont pas une usine à soigner anonyme. C'est ce qui nous différencie d'ailleurs de nos concurrents. Les autres cliniques sont toutes jolies et très bien, mais. beaucoup de gens recherchent quelque chose de plus. Les Grangettes sont aussi là pour eux. C'est pour cela qu'il nous arrive d'accueillir des patients qui possèdent des maisons plus grandes que notre clinique et que nous somme souvent choisi par des personnalités très connues, voire des têtes couronnées...Grangettes

Une clinique avec de grandes racines

L

es origines de la Clinique des Grangettes remontent à l'année 1918, à l'époque de l'épidémie de la grippe espagnole à Genève. L'actuel président de l'établissement, Philippe Glatz, reste attaché à son histoire. «C'est bon pour une clinique privée d'avoir des racines, un socle solide pour un développement futur», répète-t-il.

La Clinique est donc née en pleine épidémie de la grippe espagnole à Genève. Mais elle n'est pas devenue tout de suite un hôpital ?

Ph. G.: Exactement... en fait, la fondatrice, Barbara Borsinger, originaire de Baden, s'était rendue compte qu'il y avait à cette époque beaucoup d'orphelins et d'enfants abandonnés par les parents malades. Il fallait les soigner tout autant médicalement que socialement. Pour les recueillir, elle a donc ouvert une maison, puis deux, puis trois... Finalement, en 1933, elle a fait construire une clinique pour adultes et enfants. Le bâtiment d'alors était particulièrement bien pensé, très moderne et fonctionnel. D'ailleurs certains éléments de sa structure existent encore aujourd'hui et font partie intégrante de la clinique actuelle.

Mais la Clinique semble avoir néanmoins connu un certain déclin à la fin des années soixante-dix ?

Ph. G.: Pas un déclin mais plutôt la fin d'une époque. A partir de l'année 1957, les Grangettes ont été tenues par des Sœurs. A la fin des années soixante-dix, celles-ci ont été confrontées à une crise des vocations. En même temps, elles ont pris la décision de se consacrer au travail dans des pays en développement et non plus à Genève.

Après leur départ en 1979, la Clinique a été confiée à un comité de gestion et, en 1987, elle s'est transformée en société anonyme. Un an plus tard, nous avons entrepris une immense modernisation. Mais nous n'avons jamais renié nos origines. Au contraire, nous sommes fiers de notre histoire, de notre tradition. C'est d'ailleurs l'une de nos forces. Moderne et bien équipé, tout le monde peut l'être de nos jours. Tandis que rester attentifs aux gens, à leurs besoins,

garder cette approche humaine, comme nous le faisons depuis nos débuts, est beaucoup plus difficile... C'est pour cela que nous ne voulons pas être trop grands ! Pour nous, le fait que certains membres du personnel travaillent chez nous depuis une trentaine d'années, que nous avons des sages-femmes qui rencontrent actuellement des parents qu'elles ont elles-mêmes mis au monde, est un motif de fierté ! Les patients retrouvent ici leurs connaissances ! Nous sommes une grande famille au service des familles. Et nous voulons le rester.

Mais vous allez tout de même encore agrandir la Clinique ?

Ph. G.: Bien sûr, il faut sans cesse se moderniser parce que dans le domaine médical, celui qui n'avance pas recule. En ce moment même on est en train de finir une rénovation complète des chambres de notre bâtiment d'origine. Nous avons dû admettre qu'elle ne tenait plus la comparaison avec celles de notre nouveau bâtiment. Comme notre vocation est justement d'être les meilleurs, nous avons voulu offrir à nos patients la meilleure qualité possible et c'est pourquoi nous avons entrepris cette rénovation! Il en va naturellement de même pour les équipements médicaux qui sont contamment remis à jour.

Cette attention au détail est une de nos caractéristiques. Dans les nouvelles chambres, tout a été étudié – de l'équipement audiovisuel à la lumière, jusqu'à la pierre de Bourgogne utilisée dans les salles de bains. Cette recherche de la qualité ne s'arrête pas aux infrastructures. Nous soignons l'art et la manière. Nous sommes l'unique clinique suisse qui emploie un chef de cuisine étoilé par le Michelin. Le service est dirigé par un ancien maître d'hôtel chez Rochat et nous consacrons plus de 35 francs par personne et par jour pour acheter les produits utilisés dans la préparation de nos repas. Notre renommée est méritée et nous travaillons sans relâche pour la maintenir.

Malgré ces efforts, les Grangettes sont toujours perçues par une partie du grand public comme une maternité et non une clinique complète...

Retour