Pour que les enfants bénéficient
d'un cadre rassurant

de la façade et des planchers, mais également du bassin extérieur. Par ailleurs, les architectes ont eu la bonne idée de jouer avec l'eau, si bien que les enfants ont l'impression d'arriver dans une île, avec de l'eau tout autour du bâtiment. Sans parler de l'aquarium géant, une idée que nous avons nous-mêmes soufflée aux architectes.


Justement: pourquoi un si grand aquarium au centre du bâtiment ?

Nous voulions qu'il y ait des animaux, parce que c'est un élément de vie dont on connaît l'impact positif sur les enfants. A contrario, les plantes, les tableaux, ou les jeux de plots, n'intéressent que marginalement les enfants. Or, il n'était guère possible d'avoir des girafes ou des éléphants, encore moins des animaux de basse-cour, pour de simples questions d'hygiène. Nous nous sommes donc décidés pour des poissons. Mais pas n'importe quels poissons: plutôt que de vulgaires poissons rouges, nous voulions quelque chose d'exceptionnel, de ludique et de didactique, qui permette aux enfants et à leurs parents de se distraire tout en apprenant. D'où ce choix d'un aquarium géant accueillant une véritable tranche du Lac Tanganyica, avec ses nombreux poissons exotiques.


Vous avez également souhaité que ce centre soit respectueux de l'environnement.

Absolument, c'était une des données imposées aux architectes. Il aurait été inconcevable qu'ils viennent avec un projet génial mais ne respectant pas l'environnement. Ce bâtiment permet ainsi de récupérer l'énergie, il dispose de capteurs solaires, et il est doté d'une pompe à chaleur assurant chauffage et climatisation, dont les sondes plongent à une profondeur de 160 mètres. Bref: tout ce qui était réalisable aujourd'hui en termes de protection de l'environnement, nous l'avons fait!Grangettes

Avant de se concrétiser aux Grangettes, l'idée d'un nouveau
centre d'urgences pédiatriques a germé
à la Fondation Hans Wilsdorf. C'était il y a 12 ans.

Pour que les enfants bénéficient d'un cadre rassurant

A

vant de se concrétiser aux Grangettes, l'idée d'un nouveau centre d'urgences pédiatriques a germé à la Fondation Hans Wilsdorf. C'était il y a 12 ans. «Nous avions constaté que Genève souffrait d'une réelle lacune dans ce domaine, et qu'il était souvent difficile, pour les parents d'un enfant en situation d'urgence, de consulter rapidement, explique Pierre Mottu, président de la Fondation. Nous avons dès lors décidé de chercher une solution.»

La Fondation Wilsdorf a donc proposé de financer un bâtiment spécifiquement destiné aux urgences pédiatriques. Comment cela s'est-il passé, concrètement, et comment la collaboration avec les Grangettes s'est-elle instaurée ?

Pierre Mottu: Dans un premier temps, j'ai pris contact avec le Dr Pierre-François Unger, qui était alors à la tête du service des Urgences à l'Hôpital cantonal, pour lui parler de notre projet. Il s'est montré d'emblée très enthousiaste, et m'a donné de nombreux conseils, touchant notamment à la faisabilité d'un tel centre d'urgence pédiatrique ainsi qu'au rôle qu'il pourrait jouer à Genève. Comme il existait déjà un tel service sur la rive droite, à l'Hôpital de la Tour, le nouveau centre auquel nous rêvions devait donc se situer sur la rive gauche. Mais la nécessité de trouver un terrain suffisamment grand a rapidement montré que ce n'était guère envisageable en pleine ville.

Or, la chance a voulu qu'une parcelle se soit révélée disponible à la route de Chêne. Il devenait dès lors évident

que ce projet devait se réaliser avec les Grangettes, toutes proches. J'en ai donc parlé avec Philippe Glatz, président de la Clinique, qui a également accueilli l'idée avec enthousiasme.

Alors pourquoi s'est-il écoulé 12 ans entre la naissance de votre projet et sa concrétisation ?

D'une part parce que nous avons voulu que cette réalisation soit en tous points exemplaire et qu'il ne fallait pas qu'elle soit bâclée. Mais aussi en raison du fait que, particulièrement à Genève, une telle entreprise prend beaucoup de temps: achat du terrain, démarches administratives, demande d'autorisation de construire, solution des problèmes de circulation, etc.

La Fondation Wilsdorf a pris en charge l'entier de la réalisation de ce centre pédiatrique et de ses équipements. Vous aviez des idées très arrêtées sur le projet ?

Tout à fait: la mission que nous avons confiée à l'atelier d'architecture Brodbeck-Roulet consistait à créer un bâtiment médical ultra-fonctionnel au concept original et attractif, mais surtout qui offre aux enfants en situation d'urgence une ambiance apaisante et rassurante. Notre objectif était de faire en sorte qu'ils s'y sentent vraiment à l'aise. Nous voulions également que la lumière naturelle joue un rôle primordial, et qu'elle se répande le plus possible à l'intérieur du bâtiment.

Ce qui est réussi: le jour pénètre partout, y compris au sous-sol, au travers de la toiture, de certains éléments

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