Le cancer suivi à la trace

complémentaires, assure le Dr Charles Steiner. Grâce à l'évolution technologique, les deux techniques sont d'ailleurs de plus en plus souvent combinées (SPECT/CT et PET/CT), ce qui donne une vision très précise de la situation.»


Ces informations permettent notamment de déterminer le stade de la maladie. «On peut diagnostiquer rapidement, et en un seul examen, la présence de cellules tumorales dans l'ensemble du corps. Cela a une influence directe sur le traitement, dont la décision est prise dans le cadre d'un colloque multidisciplinaire d'oncologie regroupant différents spécialistes en oncologie, hématologie, radiologie, médecine nucléaire, radiothérapie et pathologie.»


La Médecine Nucléaire joue par ailleurs un rôle fondamental dans le suivi du traitement. «Elle permet de voir rapidement si une chimiothérapie fait de l'effet ou non. Il faut un certain temps, avant qu'une tumeur change de caractéristiques anatomiques par exemple de volume, alors qu'en regardant son métabolisme on aura plus rapidement la réponse.» Elle est aussi de plus en plus utilisée dans la planification d'un traitement de radiothérapie.


La Médecine Nucléaire est connue également sur le plan thérapeutique. Certains radio-pharmaceutiques à haute dose radioactive ont la faculté de détruire les cellules cancéreuses dans lesquelles ils s'incorporent. L'exemple le plus connu est le traitement du cancer de la thyroïde à l'iode radioactif. La médecine Nucléaire est également mise à profit dans de nouveaux traitements utilisant des anticorps radioactifs. «Cela permet d'avoir des traitements dont l'avantage certain est que l'on peut vérifier leur localisation sélective dans la tumeur par l'imagerie.» Une nouvelle grande avancée en vue.Grangettes

La Médecine Nucléaire permet de détecter et localiser des tu-
meurs encore invisibles en radiologie. Une technique très utile
dans le diagnostic de la maladie et le suivi son évolution, no-
tamment l'efficacité de la thérapie.

Le cancer suivi à la trace

«L

a Médecine Nucléaire est en train de transformer la vie des oncologues», constate le Dr Charles Steiner, médecin responsable de l'Institut de Médecine Nucléaire de la Clinique des Grangettes et Médecin Associé aux HUG. En effet, cette technologie d'imagerie permet de détecter certaines tumeurs à un stade initial et/ou une dissémination des cellules tumorales (par exemple dans les ganglions lymphatiques) avant qu'elles ne provoquent une déformation de leur architecture normale qui puisse être décelée par un examen radiologique conventionnel.

Concrètement, la médecine nucléaire est une technique d'imagerie dite fonctionnelle ou moléculaire. Autrement dit, elle permet de visualiser les fonctions cellulaires – c'est-à-dire, la vie des cellules - par le biais de sondes biochimiques : les radio-pharmaceutiques. Explication: «Nous injectons dans l'organisme du glucose marqué au Fluor-18, par exemple. Ce dernier va se fixer dans les cellules cancéreuses et nous permettre ainsi non seulement de détecter la tumeur à un stade initial mais également de la localiser de manière précise», souligne le Dr Charles Steiner.

En effet, l'une des caractéristiques des cellules cancéreuses est leur prolifération, qui nécessite une grande quantité d'énergie. Par conséquent, le produit à base de glucose (substance énergétique) va se fixer de manière concentrée dans ces cellules, et ainsi, signaler une activité anormale. Après un délai variable, la mise en

images est effectuée à l'aide d'une caméra spéciale qui permet de localiser ces cellules dans le corps humain, image que l'on nomme scintigraphie, plane ou tomographique (SPECT et PET). Quant aux doses radioactives injectées, elles sont du même ordre de grandeur que la radiologie conventionnelle et sont justifiées, limitées et optimisées afin de ne pas présenter de risque accru pour la santé.

Connaître la vie de la tumeur

Alors que la radiologie montre l'anatomie de la tumeur «mass» (volume et relation avec les organes voisins), la Médecine Nucléaire image donc son activité cellulaire. Ce qui est d'un grand intérêt, puisqu'une masse peut être un processus inactif (cicatrice) ou au contraire actif (par exemple tumeur). Exemple : «Avec le scanner (CT) on peut détecter et localiser avec précision une masse dans un poumon, qui n'est pas forcément cancéreuse. Avec la technologie PET, en revanche, on révèle son activité cellulaire accrue (autrement dit, qu'elle fixe par exemple le glucose), ce qui augmente considérablement le degré de probabilité de cancer», souligne le médecin.

Est-ce à dire que la radiologie devient superflue dans le domaine de l'oncologie? «Pas du tout, ce sont des outils

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