La radiologie pédiatrique

Comment pratiquer des examens radiologiques sur des enfants ?

La manière d'aborder les examens radiologiques est différente selon l'âge de l'enfant qu'on a en face de nous. Le petit enfant est souvent non-collaborant: incapacité de rester immobile, de se concentrer plus qu'un bref moment, de retenir sa respiration, etc. Ce qui limite tous les examens radiologiques. Il nous faut donc nous adapter et trouver des solutions pour contourner ce problème.


Le personnel médical, qui doit impérativement être habitué à ces conditions, joue là un rôle primordial pour distraire l'enfant dans le but de réaliser un examen dans les meilleures conditions possibles. L'environnement dans lequel on va réaliser les examens est important. Il s'agit de réconforter l'enfant, de diminuer son anxiété pour augmenter les chances qu'il collabore.


Endormez-vous parfois les enfants ?

Dans certains cas, plus particulièrement quand l'enfant doit rester immobile pendant un intervalle plus long, comme par exemple lorsqu'il doit bénéficier d'une IRM, on ne pourra pas contourner la sédation. Dans le centre pédiatrique des Grangettes, nous avons prévu un local où des anesthésistes pourront endormir les enfants de moins de 5 ans qui doivent passer un examen IRM.


Quel est le rôle des parents ?

Une autre particularité fondamentale de la radiologie pédiatrique est la relation entre le radiologue et le patient/enfant. Et cette relation se fait souvent avec les parents de l'enfant et non directement avec l'enfant. La communication qu'on va établir est souvent importante. Les liens qui lient l'enfant aux parents sont forts et, pour cette raison, ceux-ci se montrent stressés, protecteurs, quelquefois inquisiteurs. Face à ces comportements, il faut faire preuve de patience et d'empathie.Grangettes

Luca Spadola est radiologue pédiatre. Ce qui signifie qu'il est
radiologue et a choisi comme sous-spécialité la radiologie
pédiatrique.

La radiologie pédiatrique

«M

on métier, c'est la radiologie appliquée aux enfants. Ceux-ci ne sont pas des «petits adultes» et souffrent de pathologies bien particulières que nous, radiologues pédiatres, imageons grâce aux techniques d'imagerie à disposition (IRM, Scanner, ultrasons, radiographies...). Les techniques d'imagerie sont globalement les mêmes que celles destinées aux adultes mais les pathologies sont différentes. Le matériel dont nous disposons dans ce nouveau bâtiment est haut de gamme, poursuit-il. L'IRM, par exemple, est vraiment à la pointe de la technologie et nous avons une salle de radiologie digitale robotisée très moderne, une salle de scopie et un échographe dernier cri.» A noter également une salle d'anesthésie accolée à la salle d'IRM pour des examens sous anesthésie. «Nous serons les seuls avec les HUG à pratiquer ce genre d'examens», précise le Dr Spadola. Le service de radiologie pédiatrique compte deux médecins radiologues, deux techniciens et deux secrétaires-réceptionnistes.

Des soins transversaux

«Mes patients vont des nouveau-nés aux jeunes de 17 ans. Vu que je parle le même langage que mes collègues pédiatres, cela facilite la collaboration», relève le spécialiste. C'est justement le côté transversal du bâtiment pédiatrique qui a séduit le jeune médecin: «C'est vraiment novateur de la part des Grangettes d'avoir rassemblé un tel corps d'experts autour de la problématique de l'enfant et de pouvoir travailler de manière transversale et en harmonie avec d'autres spécialistes de l'enfant dans un centre exclusivement ambulatoire. J'exerce depuis 8 ans en radiologie pédiatrique. J'ai suivi toute ma formation à Genève, sauf

une année à UCLA (University of California in Los Angeles). Je suis venu des HUG aux Grangettes pour intégrer l'équipe des spécialistes du nouveau bâtiment pédiatrique. C'est un véritable challenge.

Aux USA j'ai vu des hôpitaux qui disposaient de centres ambulatoires de ce genre. Ici, aux Grangettes, j'y ai vu un réel potentiel donc j'ai voulu participer à l'aventure. Ce qui me semble intéressant c'est la notion d'unité de soins pédiatriques. Dans ce bâtiment, en tant qu'experts, nous dispenserons un savoir médical, chirurgical, radiologique au service de l'enfant. Je n'ai pas connaissance d'un autre bâtiment de ce style au monde, dédié exclusivement aux soins pédiatriques ambulatoires.»


Quelles sont les différences entre la radiologie pédiatrique et celle destinée aux adultes ?

C'est essentiellement une différence de taille et de physiologie. Chez nos patients, le poids peut varier de quelques kilos, ou même grammes chez les prématurés, à plusieurs kilos, chez les adolescents. Il nous faut donc sans cesse adapter les différents systèmes d'imagerie (radiographies, CT, protocoles d'IRM, injections de produit de contraste) à l'âge des enfants.

Autre élément, l'anatomie des petits est en perpétuel changement, dû à la croissance. Certains organes changent d'aspect et leur «normalité» varie en fonction de l'âge. L'aspect normal change significativement à l'imagerie et il faut donc connaître ces changements, en plus des pathologies, pour interpréter correctement les examens radiologiques. La méconnaissance de cette particularité est souvent source de mauvaise interprétation de ces images par nos collègues radiologues adultes.

Cécile Aubert

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