Des pacemakers très bavards

données peut aussi être effectué automatiquement grâce au dispositif Conexus qui établit la communication pendant le sommeil du patient.


La pose d'un stimulateur cardiaque appartient aujourd'hui à la médecine de routine. «On met des pacemakers à des gens dont le cœur bat trop lentement, ou trop vite, ou qui ont le cœur fatigué, explique le Dr Jacques Metzger. Aux Etats-Unis, il y a eu un débat très animé au sujet du vice-président Dick Cheney, dont le cœur bat trop vite. Il porte un défibrillateur que l'on peut interroger à distance, sans contact, c'est-à-dire sans qu'un médecin se trouve à ses côtés. Ce qui pose des questions délicates en matière de sécurité.» Comme on l'imagine, le fabricant a pris toutes les mesures pour prévenir une intrusion de hackers sur la ligne vice-présidentielle...


Les cliniques suisses vont-elles à leur tour proposer à leurs patients de tels services de communication à distance? «C'est un possible projet, indique le Dr Jacques Metzger. Les pacemakers que nous posons en sont capables, mais cette fonction n'est pas activée pour l'instant car elle nécessiterait toute une infrastructure: un personnel de surveillance devrait être mobilisé 24 heures sur 24 pour recevoir les messages d'urgence. En matière légale également, il faudrait déterminer précisément quelles sont les responsabilités du médecin dans chaque situation. Or la Suisse n'a pas encore légiféré sur ces questions.»


La question risque de se faire pressante dans une société où les baby-boomers atteignent l'âge de la retraite. Maintenant que ces appareils permettent un contrôle sans faille, des individus sans réel problème cardiaque pourraient bien, eux aussi, demander qu'on leur pose un pacemaker. Au cas où...Grangettes

Les stimulateurs cardiaques sont désormais équipés
de fonction de communication à distance. Ce qui
pose des questions inédites, notamment en matière
de sécurité.

Des pacemakers très bavards

T

ransmission de données, diagnostic in abstentia, intervention à distance... La télémédecine s'apprête à entrer dans la vie quotidienne des patients. Prenez les stimulateurs cardiaques: ils disposent désormais d'une fonction permettant une liaison sans fil au réseau téléphonique. Le principe est simple: dès que leurs capteurs détectent un événement anormal, une alerte pourra être envoyée au praticien, qui, selon les données reçues, décidera de la marche à suivre. Avec les effets que l'on imagine: gain de temps, efficacité accrue, mais aussi réorganisation complète des relations entre soignant et soigné.

Un cœur sur écoute 24 heures sur 24

Equipées de batteries au lithium-ion, ces merveilles de technologie miniaturisée n'ont pas grand-chose à voir avec les premiers stimulateurs cardiaques apparus il y a juste un demi-siècle (la première implantation date de 1958). A l'origine, les pacemakers avaient pour seule fonction de déclencher des impulsions pour empêcher le cœur de battre trop lentement (bradycardie). Depuis une quinzaine d'années, ils sont aussi capables de mesurer l'activité du

patient grâce à ces capteurs qui écoutent son cœur 24 heures sur 24. «certains appareils peuvent également mesurer la résistance thoracique et réagir si la personne est en train d'accumuler de l'eau dans ses poumons, signe d'une insuffisance cardiaque», précise le Dr Jacques Metzger, cardiologue à la Clinique des Grangettes.

Depuis peu, les fonctions de pile et d'instrument de mesure sont donc complétées par une possibilité de liaison wireless au réseau téléphonique. «En Suisse cependant, cette fonction n'est pas activée pour l'instant, car elle pose des problèmes médico-juridiques qui ne sont pas prévus dans la loi actuelle», indique le Dr Jacques Metzger. Dans d'autres pays en revanche, comme en Israël, de tels appareils sont déjà connectés à un service d'intervention rapide: quand une alarme est générée, le système avertit automatiquement l'ambulance.

Ce dispositif a été développé par le leader des technologies médicales Medtronic. Son réseau CareLink, mis en place aux Etats-Unis, permet au patient de transmettre lui-même, par ligne téléphonique standard, les données de son appareil cardiaque à un serveur sécurisé. Connecté à la même machine, le personnel de clinique peut alors effectuer un check-up de routine, ou un diagnostic plus précis en cas d'incident. Un tel envoi de

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